dimanche 15 mai 2016

De Dubrovnik à Medjugorje

Vendredi 6 mai - Dubrovnik-Orasac 15 km 

Notre hôtesse nous dépose à la sortie de la ville. Pendant le trajet nous lui demandons ce qui s'est passé dans son quartier pendant la guerre de 1991. Elle ne répond pas à cette question mais nous dit que depuis l'indépendance de la Croatie c'est un désastre. Elle nous cite des problèmes pour les papiers d'identité, les versements des retraites. Elle et son mari sont orthodoxes, donc sûrement serbes. Ils n'ont plus de travail depuis 25 ans.

La route d'aujourd'hui est facile mais fréquentée au début puis nous prenons des chemins de traverse. Jusqu'à 10 km après Dubrovnik, la côte est truffée de logements touristiques et les constructions continuent. Nous nous installons pour la nuit au camping à Orasac où nous sommes très bien. C'est une ambiance de vacances d'été au calme. Quasiment tous les clients sont des retraités en camping-car. Nous discutons avec 2 couples de St Philbert de Grandlieu en Loire-Atlantique. 


Sur le pont suspendu à la sortie de Dubrovnik










Pause déjeuner à Soline

Jeu avec une bille 

Un peu de land-art : un paquebot...

...et une maison 

Ce citronnier ne semble pas récolté : 2 citrons seront pour nous



Soirée magnifique à Orasac











Nous avons le luxe d'un réchaud à gaz prêté par le camping plus notre réchaud à bois 


Samedi 7 mai - Orasac-Grgurcini - 21 km - 36 km cumulés 

Le paysage aujourd'hui est plus sauvage. Quelques terrasses d'oliviers, de vignes et de lavandes sont entretenues. Nous surplombons la mer. Nous passons à Trsteno où trône un platane de 450 ans dont un marin a ramené les graines de Constantinople. Nous descendons au milieu des fleurs de toutes sortes, genêts, sauge et autres. Nous arrivons dans la baie de Slano. L'entrée est préservée mais un hôtel énorme et une marina flambant neuve ont poussé dans le bourg. Nous perdons beaucoup de temps et quelques km à trouver le camping indiqué sur notre carte et celui-ci n'est pas encore ouvert. Son propriétaire nous indique toutefois un petit camping chez l'habitant devant la mer à 1 km. C'est là que nous passons la nuit. La propriétaire nous questionne : "Vous avancez uniquement à pied ou vous prenez le bus de temps en temps ?" Elle est soulagée lorsque nous lui répondons que nous prenons le bus de temps à autre !


Il n'y a plus qu'à tout faire rentrer dans les 2 sacs !



Nous apercevons plusieurs serpents ; celui-là est mort.  



Le platane de 450 ans











La chapelle à l'entrée de la baie de Slano




Église de Slano



Encore 2 feux ce soir : l'un pour un barbecue, le 2 ème est celui de notre réchaud à bois


Dimanche 8 mai - Grgurcini-Smokvljani - 24 km - 60 km cumulés 

Nous perdons 1/2 heure à chercher la crème solaire mais réussissons à partir. Nous marchons sur une petite route goudronnée une bonne partie de la journée. Nous traversons des villages de montagne dépeuplés. Un vieux monsieur nous aide à pomper de l'eau. 
L'après-midi nous sommes sur un plateau cultivé. Nous devons faire tout un détour par la route car le chemin que nous pensions prendre pour couper n'existe plus. Des policiers croates égaient la monotonie de la départementale vide en venant nous contrôler. Ils nous demandent où nous allons ce soir. Nous pouvons heureusement leur montrer un restaurant "agro-tourizm" sur une carte touristique que nous a donnée notre hôtesse de cette nuit. Nous espérons pouvoir planter la tente à côté. Ils repartent en faisant demi-tour ; quelqu'un avait dû les prévenir de notre présence. 
Nous arrivons bien fourbus à Smokvljani et devons faire encore 1,2 km jusqu'à l'agro-tourizm. Le gars est glacial : "no-camp", il faut aller à Slano. Nous connaissons, c'est là que nous avons dormi la nuit dernière ! Nous demandons de l'eau, il nous remplit notre bouteille et nous dit tout de suite "bye", des fois que nous aurions l'idée de rester. Les habitants d'une maison voisine sont beaucoup plus sympathiques. Ils nous remplissent nos poches à eau et nous disent que nous pouvons dormir à côté de l'église. Demi-tour vers l'église et l'école sans habitants alentours. Nous nous installons discrètement derrière l'église. Nous sommes contents d'être en zone habitée lorsque nous entendons trois coups de feu qui résonnent dans la vallée. Par la suite, seules les cloches de l'église se font entendre de très près toutes les 1/ 2 heures.


Des cerises aigres rafraîchissantes


Pause pique-nique

Pierres tombales des 13ème-14ème siècles



Notre premier troupeau croate





L'esplanade de la chapelle, collée au cimetière, sera notre refuge pour la nuit.



Nouvelle recette : les cèpes séchés achetés au Monténégro, avec ail frais, persil séché et crème UHT, accompagnent la purée

Lundi 9 mai - Smokvljani-Neum - 18 km - 78 km cumulés 

Bon anniversaire Gwénolé !
Nous partons de bonne heure pour Neum. Charlotte craint le passage de frontière car il est réservé aux locaux... Pourvu que les douaniers soient compréhensifs. Pour nous, c'est le seul passage possible car l'autre se fait sur une nationale au milieu d'un trafic de voitures et camions dense donc dangereux. Nous arrivons à la frontière vers 12h et réveillons les gardes frontières de leur sieste. Ils regardent à peine nos passeports et nous laissent passer. 
Nous arrivons ensuite à Neum où nous nous installons dans un camping au milieu des oliviers. L'endroit est beau mais les employés, aimables comme des portes de prison. Les sanitaires sont sales, nous leurs demandons de les nettoyer mais après l'opération l'odeur n'est guère mieux ! Vu l'état des sanitaires nous négocions le prix qui est le double de celui des campings précédents... 
Ce soir nous partons fêter l'anniversaire de Gwénolé dans le centre ville. Nous trouvons un restaurant à l'accueil très chaleureux. La patronne nous questionne et nous partage un peu de son histoire. Elle a fuit la guerre en 1992 pour l'Allemagne. Depuis elle est rentrée et a réussi après 5 ans d'imbroglio administratif à racheter et remettre debout le restaurant de l'ancien camping. Elle nous régale et, en guise de cadeau, nous offre un verre de vin pour le dessert !


Le poste frontière est en construction 

Petite pause


Sieste au camping à l'ombre des oliviers.



Les traces de la guerre sont encore visibles sur certaines habitations.

Le jardin du camping


La tortue s'invite à l'école



Ça y est, 42 ans.

Mardi 10 mai - Neum-Capljina - 7 km - 85 km cumulés 

La journée commence mal. Au moment de payer le camping nous demandons une ristourne car depuis la négociation, nous nous sommes rendus compte que les chauffes-eaux marchaient pas ou mal, que pour nettoyer la vaisselle,  il n' y avait aucun évier à par le lavabo des toilettes puantes et sales et que le wifi n'est pas en fonctionnement... Ils ne veulent rien entendre et montrent toute leur animosité. Super ! Pour un camping qui s'appelle MIR  (paix en serbo-croate) c'est tout l'inverse que nous vivons. Nous repartons énervés ! 
Nous coupons par un petit chemin à travers la colline en portant tout notre paquetage sur le dos. Après ce bel effort nous rejoignons la petite route qui nous mène à la frontière. Le douanier bosniaque, qui parle anglais, nous demande de faire demi-tour car cette frontière est réservée aux locaux. Nous croyons d'abord à une blague mais il ne rigole pas et son collègue croate, qui ne parle pas anglais, encore moins. Nous expliquons la dangerosité des grosses routes, objectons que nous sommes citoyens de l'UE, leur demandons d'appeler leurs chefs, rien n'y fait. Lorsque nous leur indiquons la petite frontière que nous avons traversée hier, ils rigolent et nous réalisons que nous avons déjà eu de la chance d'avoir pu la passer. Nous apercevons au loin dans la plaine Metkovic, la ville que nous avions prévu d'atteindre ce soir, c'est frustrant. Nos douaniers étant butés, nous revenons à Neum par la route.
Il est 12h30. Nous n'avons plus le temps de finir la marche avant les "orages dévastateurs" prévus jeudi matin dans la région de Medjugorje. Nous décidons de nous avancer en bus et tant qu'à prendre le bus, d'aller jusqu'à Čapljina, à 15 km de Medjugorje. Nous attendons à l'ancien camping, utilisant le wifi du resto d'hier soir, jusqu'à 16h. 
Nous passons en bus la frontière entre la Bosnie et la Croatie sur la route côtière, puis nous repassons en Bosnie après Metkovic. Nous sommes alors plus exactement en Herzégovine, peuplée de Croates. Cela valait bien la peine de se donner tout ce mal pour passer une frontière !
A Čapljina, le chauffeur du bus, qui s'est montré intrigué par notre équipement et attentionné envers nous, nous klaxonne lorsque nous nous éloignons. Nous repérons un motel mais passons d'abord à la paroisse où il semble y avoir de l'agitation. Il y a effectivement une messe animée par des jeunes qui jouent de la mandoline. Nous y allons et à la sortie un des prêtres franciscains, le père Mile, nous accueille avec des boreks. Nous lui exposons notre périple. Nous lui posons aussi quelques questions pour comprendre comment est arrivée la guerre ici il y a 25 ans, guerre dont nous voyons les traces sur la plupart des bâtiments de la ville. Il nous raconte que selon la constitution yougoslave, les républiques de la fédération pouvaient demander leur indépendance par référendum. La Croatie et la Slovénie l'ont fait après la chute du mur de Berlin, velléité vite réprimée par l'armée yougoslave dont la majorité des officiers était serbe et rêvait d'une grande Serbie. Un peu plus tard ce sont les Bosniaques musulmans et les Croates catholiques qui se sont fait la guerre pour avoir chacun leur territoire.
Le frère Mile nous accompagne au motel que nous avions repéré et nous offre la nuit ! Nous récupérons bien après cette journée riche en imprévus.


Le poste frontière qui nous est resté fermé

Au loin la plaine de Metkovic




L'église de Čaplijna 

Les villes dans lesquelles des franciscains furent tués par des communistes en 1945


Avec frère Mile

Mercredi 11 mai - Čapljina-Medjugorje - 13 km - 98 km cumulés

Nous retrouvons frère Mile à la paroisse. Il nous sert un gros petit-déjeuner et gâte les enfants avec des chocolats. Ne voulant pas nous laisser partir sans point de chute à Medjugorje, il appelle un Français résidant là-bas. Ce Français n'est pas là mais son épouse Milona nous donne rendez-vous à l'endroit où elle peut nous loger. 
Après des chants accompagnés par la guitare de frère Mile, nous nous quittons pleins d'émotion. Nous marchons facilement entre rivière et voie ferrée puis nous montons sur le plateau de Medjugorje, faisant peur à une vieille dame qui garde ses chèvres. A côté de la pension "Pax Cordis", Silvana nous ouvre la porte d'une maison spacieuse et très confortable où tout est installé pour nous, même des provisions ! Ce soir, repos et nous verrons Milona demain.
La Neretva,  rivière qui séparait l'empire romain d'orient et l'empire romain d'occident. 

Lavande et kiwi




L'église de Medjugorje 

La maison où nous logeons 

Les enfants se défoulent avec leurs bâtons 


5 commentaires:

  1. Superbes photos...ca me donne l'envie de découvrir cette region..
    Merci pour le partage !

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  2. Super beau paysage! Magnifiques photos aussi. La destination est vraiment un incontournable, ça me donne envie.

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  3. Super belle plage et les photos sont juste magnifiques.
    J'adore les voyages avec mes amis, cet article me donne vraiment envie.
    Belle journée.

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  4. Beau voyage, ça donne envie! Les photos sont vraiment magnifiques. Notamment la plage et les montagnes, tellement belles et merveilleuses. Merci pour le partage très intéressant. Je veux bien réaliser un voyage à l'étranger.

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  5. Bonjour,
    Je viens de parcourir votre blog, et il est super interressant. J’espere un jour trouver Vietnam dans votre blog
    je vous souhaite bonne continuation !

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